Historique

Origine du nom de l’association

51 Pegasi b est le nom de la première exoplanète (planète en dehors de notre système solaire) autour d’une étoile semblable au Soleil nommée 51 Pegasi dans la constellation de Pégase. Elle a été découverte le 6 octobre 1995 par Michel Mayor et Didier Queloz de l’observatoire de Genève, d’après des observations qu’ils ont réalisées à l’observatoire de Haute-Provence grâce à la méthode des vitesses radiales.

 
 
 
 
 
 
 

En effet, le mouvement de la planète autour de son étoile va induire un léger mouvement de recul de celle-ci, qui est détectable par cet effet. On mesure alors les variations de vitesses radiales de l’étoile, et si ces variations sont périodiques, il y a de grandes chances pour que cela soit dû à une planète. Ce résultat après des années de recherche infructueuses sera annoncé en novembre 1995 et publié dans la revue Nature. Si l’existence de l’exoplanète 51 Pegasi b est confirmée par l’équipe de Geoffrey Marcy, une partie de la communauté scientifique aura beaucoup de mal à l’admettre. L’existence d’une exoplanète géante si proche de son étoile n’est en effet pas explicable par les théories de la formation des planètes du système solaire. Mais d’autres équipes vont rapidement annoncer la détection d’exoplanètes semblables. Il faudra cependant attendre 1999 et la découverte d’une exoplanète par la méthode des transits, pour avoir la certitude que ces exoplanètes géantes proches de leur étoile existent réellement.

 

Caractéristiques de 51 Pegasi b

51 Pegasi b est surnommée Bellérophon, du nom de celui qui chevauchait Pégase, elle se situe à 48 années-lumière de la Terre. Cette planète a une masse approximativement égale à la moitié de la masse de Jupiter, soit 150 fois celle de la Terre. Elle ne se trouve qu’à 7,5 millions de km de son étoile, et effectue une révolution complète autour de cette dernière en 4,23 jours. Pour comparaison, Mercure la planète la plus proche du Soleil est beaucoup plus éloignée (58 millions de km) et Jupiter, la première planète géante gazeuse du système solaire se trouve à plus de 700 millions de km du Soleil et met 11 ans pour effectuer une révolution complète. Le fait qu’elle soit si proche a surpris les astrophysiciens, car ils ne s’attendaient pas à trouver une géante gazeuse aussi proche de son étoile. C’est pour cette raison qu’ils ont ajouté un nouveau type de planète, les Jupiter chaudes, car la température est d’environ 1 000°C. Les mesures en infrarouge indiquent que la température est uniforme sur la planète, que ce soit de jour ou de nuit. Cela suppose que de puissants vents balaient la planète et redistribuent la chaleur sur toute sa surface.

 

Spectrographe ELODIE

© Collection Photothèque OHP/CNRS

Envisagé en 1988 comme un instrument dérivé de CORAVEL pouvant occuper le temps libre au 193cm pendant les pleines lunes, le spectrographe ELODIE (alias « Super-Coravel ») est devenu l’une des pièces maîtresses de l’OHP dans les années 90.

Conçu par les services techniques de l’OHP en collaboration avec André Baranne, de l’Observatoire de Marseille, et avec Michel Mayor, de l’Observatoire de Genève, il a été assemblé en laboratoire et ensuite testé sur le ciel en 1993.

Le premier spectre fut pris le 1er juin lors de la période d’essais qui a duré jusqu’à fin 1993. Les premiers astronomes visiteurs ont pu l’utiliser à partir de Mai 1994.

Peu après, une copie de l’instrument, appelée CORALIE, a été réalisée pour le télescope suisse de 1m20 à La Silla (Chili).

C’est avec ELODIE que la première planète autour d’une étoile autre que le Soleil fut découverte par Mayor et Queloz en 1995 autour de 51 Pegase.

L’instrument, implanté à la place du spectro TGR, en dessous de la salle coudée, devenue salle d’observation, était relié au télescope par 20m de fibre optique, à partir d’une bonnette fixée au foyer Cassegrain du télescope de 193cm.

Placé dans une pièce climatisée, le spectrographe était revêtu d’une double protection pour améliorer sa stabilité thermique. Une publication technique décrit l’instrument et ses performances.

ELODIE a fonctionné jusqu’au 10 Août 2006, quand son électronique est tombée en panne. Il a été rapidement remplacé par SOPHIE, alors dans les dernières phases d’intégration, qui a de bien meilleures performances.

Les 35000 spectres réduits obtenus avec ELODIE sont en libre accès sur une archive informatisée consultable par Internet. Les premiers spectres archivés datent du 8 Juillet 1994 et les derniers du 10 Août 2006. Une description complète des données est disponible.